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Notion complexe et encore imparfaitement connue, la pathologie de la vessie neurologique a vu une nette amélioration dans sa prise en charge avec l'émergence de la neuro-urologie au cours de la 2ème moitié du XXème siècle.

Le GENULF (groupe d'études de neuro-urologie de langue française) a permis un essor rapide de la discipline ainsi que la découverte de l'intérêt d'une prise en charge pluri-disciplinaire regroupant urologues, neuro-rééducateurs, neurologues, gynécologues, sexologues et infectiologues.

Essayons de décrypter ce dysfonctionnement aux répercussions morales et sociétales potentiellement importantes.

Généralités sur la vessie neurologique

La vessie neurologique ou neuro-vessie est un terme générique regroupant les différentes pathologies vésico-sphinctériennes associées à des pathologies acquises ou traumatiques.

Ainsi, une vessie neurologique se traduit par un défaut de fonctionnement de la vessie et/ou des sphincters, dû à une cause neurologique.

Vessie neurologique : causes et symptômes

Tout ce qui peut causer un dysfonctionnement du système nerveux peut entraîner une lésion neurologique et donc atteindre le système urinaire, causant une vessie neurologique :

Une fois le système nerveux atteint, on peut voir apparaître des troubles vésico-sphinctériens. Ces troubles peuvent être :

  • des fuites urinaires ou une incontinence vraie ;
  • une rétention chronique ;
  • une augmentation du volume de la vessie voire dilatation des voies excrétrices en amont (uretères, reins).

Ainsi, en présence d'incontinence urinaire, le patient éprouve souvent le besoin impérieux d'uriner. Il s'agit le plus souvent d'une vessie hyperactive.

La rétention peut être due à une mauvaise ouverture du sphincter, une paralysie du muscle vésical.

Mais il arrive également que la vessie neurologique se manifeste par une alternance de fuites et de rétentions.

Vessie neurologique : diagnostic et traitements

Le diagnostic de la vessie neurologique passe par une exploration urodynamique, la confirmation d'une atteinte neurologique et l'évaluation des répercussions vésicales et rénales.

Le traitement dépend de nombreux facteurs d'où l'intérêt d'une prise en charge pluridisciplinaire. En effet, il faut tenir compte du type de vessie neurologique, des symptômes, des circonstances d'apparition, de l'évolution, de l'âge et de l'état de santé général ainsi que du choix du patient.

Il aura pour but de soulager les symptômes, d'améliorer la qualité de vie et de prévenir les complications.

On utilisera, selon les cas :

  • des médicaments anticholinergiques (vessie hyperactive) ;
  • des médicaments alpha-bloquants (troubles des sphincters) ;
  • la rééducation périnéo-sphinctérienne ;
  • l'injection de toxine botulique dans la paroi de la vessie ;
  • l'auto-sondage ;
  • la chirurgie.

Cette entité complexe qu'est la vessie neurologique nécessite un bilan spécialisé avant une prise en charge pluri-disciplinaire qui permettra une meilleure qualité de vie et un moindre retentissement sociétal. De plus, le suivi régulier permettra de limiter les complications éventuelles dues à l'altération de la fonction rénale, des calculs urinaires ou des cancers.