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Les fuites urinaires concernent surtout les femmes, mais elles peuvent toucher les deux sexes à tous les âges. Elles sont parfois à l'origine d'un véritable handicap.

Tout ce qu'il faut savoir sur cette pathologie dans notre article.

Définition des fuites urinaires

L'urine, produite par les reins, est acheminée jusqu'à la vessie par les uretères :

  • Le rôle de la vessie est de stocker l'urine entre deux mictions.
  • La paroi de la vessie comporte un muscle, le détrusor.
  • La partie inférieure de la vessie est appelée col vésical, c'est le point de départ de l'urètre. À ce niveau, il existe un sphincter qui peut se relâcher ou se contracter. Il comporte une partie interne composée de muscles lisses, non dépendants de la volonté, et une partie externe striée dont la contraction est volontaire.

Chez la femme, le principal système de continence se fait par contraction de ce sphincter. Les muscles du plancher pelvien jouent également un rôle important.

Chez l'homme la prostate renforce le sphincter urétral. Lorsque la vessie est pleine, le cerveau ordonne aux sphincters de se relâcher, le muscle de la vessie se contracte, et l'urine peut s'écouler par l'urètre. Normalement, il n'existe pas de résidu d'urine dans la vessie, elle se vide complètement et rapidement.

Une fuite urinaire est une émission involontaire d'urine par l'urètre, hors d'une miction. La présence de fuites urinaires est synonyme d'incontinence urinaire.

Fuites urinaires : différents mécanismes

Il existe plusieurs mécanismes, les uns et les autres pouvant être intriqués.

Incontinence urinaire d'effort

Plus fréquente chez la femme, elle est favorisée par des traumatismes obstétricaux, une chirurgie périnéale, une atrophie vaginale chez la femme ménopausée. Chez l'homme, elle est souvent consécutive à une chirurgie de la prostate. Elle peut résulter de deux mécanismes différents :

  • cervico-cystoptose (hypermobilité urétrale) du fait de la perte du tonus des muscles du plancher pelvien ;
  • insuffisance sphinctérienne.

La perte d'urine a lieu lors d'un effort (sport, port de charges lourdes) ou d'une contraction des muscles abdominaux (rire, toux, éternuement), sans être précédée par la sensation de besoin.

Incontinence urinaire par urgenturie

Elle provient d'une instabilité du muscle détrusor qui se contracte de manière anarchique. Elle est souvent consécutive à une irritation de la vessie (cystite, calcul, tumeur, obstacle sous la vessie) mais parfois aussi dans certaines pathologies neurologiques ou certains traitements médicamenteux.

La fuite survient à la suite d'une envie d'uriner brutale et impérieuse.

Incontinence urinaire par regorgement

Retrouvée surtout chez l'homme, elle survient dans un contexte de rétention chronique d'urine en lien, bien souvent, avec une tumeur de la prostate. La vessie ne peut pas se vider complètement du fait d'un obstacle et se distend, avec fuites d'urine permanentes en goutte à goutte. Souvent la personne a la sensation de mal vider sa vessie.

Facteurs favorisants les fuites urinaires

Les facteurs favorisants de l'incontinence urinaire sont :

  • l'âge ;
  • la ménopause ;
  • les multiples grossesses ;
  • les accouchements par voie basse traumatique ;
  • les antécédents de chirurgie pelvienne ;
  • et l'obésité.

Fuites urinaires : quels examens ?

L'urologue, après avoir interrogé le patient, réalise un examen clinique approfondi : recherche d'une atrophie vaginale, manœuvres de soutènement du col vésical, examen neurologique et testing des muscles du périnée, recherche d'un prolapsus, toucher rectal chez l'homme afin d'apprécier le volume de la prostate. 

Ensuite, un certain nombre d'examens complémentaires pourront être réalisés en fonction du contexte :

  • un bilan urodynamique qui permet de comprendre le mécanisme des fuites urinaires, explorant dans un premier temps le débit urinaire puis les contractions de la vessie ;
  • un examen bactériologique des urines ;
  • une échographie de l'appareil urinaire ;
  • en cas de signes d'appel (signes irritatifs, hématurie, douleurs) une cystoscopie est parfois réalisée.

Traitements des fuites urinaires

Mesures générales

Dans tous les cas, des mesures hygiéno-diététiques permettent de limiter les symptômes :

  • perte de poids en cas d'obésité ;
  • activité physique adaptée ;
  • diminuer les boissons le soir après 18 heures ;
  • œstrogènes locaux en cas d'atrophie vaginale ;
  • traitement des facteurs favorisants : constipation, infections urinaires et toux chronique ;
  • consommer du shiitaké (lentinus edodes), le deuxième champignon comestible le plus consommé au monde, qui est utile en cas de mictions fréquentes ou d'incontinence.

Traitements spécifiques

Les traitements spécifiques dépendent du type d'incontinence :

En cas d'incontinence urinaire d'effort :

  • le traitement de première intention est une rééducation du périnée ;
  • en cas d'échec, le traitement chirurgical consiste à poser une bandelette de soutien sous l'urètre (trans-obturatrice, TOT, ou trans-vaginale, TVT) ;
  • en cas d'insuffisance sphinctérienne, il existe des sphincters urinaires artificiels, mais aussi des ballons péri-urétraux.

En cas d'incontinence urinaire par urgenturie :

  • le traitement médical comporte la rééducation périnéale avec parfois une électrostimulation fonctionnelle, et un traitement médicamenteux (anticholinergique) ;
  • en cas d'échec, le traitement chirurgical, rarement pratiqué, consiste en une neuromodulation des racines sacrées postérieures (implantation d'une électrode de stimulation en regard d'une racine sacrée). L'injection de toxine botulique dans le muscle vésical est parfois pratiquée.

Le traitement de l'incontinence urinaire par regorgement comporte des sondages et le traitement de la cause.

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