Hypertrophie bénigne de la prostate

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L'hypertrophie bénigne de la prostate, encore appelée hyperplasie bénigne de la prostate ou adénome prostatique, est une pathologie fréquente, favorisée par le vieillissement et que l'on peut rencontrer à partir de 50 ans. Elle est liée au développement d'un adénome de la prostate (tumeur bénigne) qui, en comprimant l'urètre, crée un obstacle sur les voies urinaires, notamment pour la vidange de la vessie.

Cet adénome prostatique peut avoir un retentissement sur le haut appareil urinaire constitué essentiellement par les reins et sur le bas appareil urinaire constitué par la vessie.

L'hypertrophie bénigne de la prostate ne dégénère pas en cancer de la prostate, il s'agit de deux pathologies différentes, cependant toutes deux en lien avec le vieillissement.

Le point dans notre article.

Hypertrophie bénigne de la prostate : symptômes

Composée de trois lobes (un droit, un gauche et un médian), la prostate est une glande qui appartient à  l'appareil reproducteur masculin. Elle est située sous la vessie et en avant du rectum. Elle entoure l'urètre qui est le canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur. Elle sécrète un fluide qui entre dans la composition du sperme.

Selon la phase d'évolution de la prostate, différents signes peuvent pointer ver une hypertrophie bénigne de la prostate :

  • la pollakiurie (émission fréquente d'urine) ;
  • l'impériosité (besoin irrépressible d'uriner) ;
  • dysurie (difficulté à uriner) ;
  • jet urinaire faible voire haché ;
  • miction par poussées ;
  • gouttes retardataires ;
  • sensation de vidange incomplète.

Ces signes sont souvent associés à une dysfonction sexuelle.

Diagnostic et causes d'une hypertrophie bénigne de la prostate

Il sera posé par le médecin après l'évocation des symptômes par le patient ou la recherche de symptômes évocateurs et la pratique d'un toucher rectal qui retrouve une prostate volumineuse, ferme, indolore,lisse avec disparition du sillon médian.

Des examens complémentaires peuvent être demandés en cas de doute et/ou de suspicion d'une pathologie autre :

  • ECBU (analyse d'urine stérile) peut mettre en évidence une infection urinaire ;
  • le taux de PSA (antigène prostatique spécifique), marqueur spécifique de la prostate ;
  • dosage de créatinine (pour vérifier la présence ou non d'une insuffisance rénale) ;
  • débitmétrie (pour la quantification de la difficulté à uriner) ;
  • écho réno-vésico-prostatique (pour visualiser les structures anatomiques).

Évolution de l'hypertrophie bénigne de la prostate

Cette affection au départ bénigne peut évoluer et s'aggraver parfois rapidement.

Les complications aiguës sont constituées par :

  • une rétention aiguë d'urine ;
  • des infections ;
  • une hématurie (présence de sang dans les urines).

Les complications chroniques regroupent :

  • la rétention vésicale chronique : la vessie est devenue non fonctionnelle et les urines stagnent ;
  • la lithiase vésicale : présence de calculs dans la vessie ;
  • l'insuffisance rénale chronique : la vessie n'étant plus fonctionnelle, le patient urine par regorgement et ne vide donc plus sa vessie ; cela crée une souffrance au niveau des reins.

Hypertrophie bénigne de la prostate : quel traitement ?

Traitement médical

Il correspond à l'utilisation de médicaments : il en existe trois familles différentes selon la phase d'évolution. Citons notamment :

  • les alphabloquants (Xatral®, Josir®, Omexel®, Zoxan®), qui détendent les muscles de la prostate et de la vessie ;
  • les inhibiteurs de la 5-alpha réductase (Combodart® ou Chibro-proscar®), qui empêchent la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT) (en effet, c'est cette hormone mâle qui stimule la prostate et la fait gonfler).

Les alphabloquants peuvent avoir des effets indésirables du type hypotension, fatigue, maux de tête, sueurs, douleurs abdominales, sécheresse buccale ou des troubles de l'éjaculation (éjaculation rétrograde).

Quant aux inhibiteurs de la 5-alpha réductase, ils sont parfois responsables de troubles sexuels (impuissance, baisse de la libido, altération de la qualité du sperme...) et on les soupçonne d'augmenter les risques de cancers prostatiques agressifs.

Traitement à base de plantes

Les plantes les plus efficaces pour lutter contre l'hypertrophie de la prostate sont :

  • Le prunier d'Afrique (Prunus africana) : permet une amélioration des symptômes et une réduction du volume de la prostate d'environ 35 % à raison de 150 mg par jour.
  • L'extrait de racine d'ortie a les mêmes effets à raison de 1 à 1,5 g par jour. En plus d'être anti-inflammatoire, il exerce une action préventive.
  • Le palmier nain d'Amérique (ou palmier scie, Serenoa repens) : son extrait, à raison de 320 mg par jour, permet de réduire les symptômes de moitié en deux mois.
  • La maca (Lepidium meyenii) : à raison de 500 mg trois fois par jour (pendant trois semaines par mois), elle permet de réduire la taille de la prostate.
  • L'huile de pépins de courge : à raison de 1 à 2 grammes par jour pour soulager les symptômes. On peut l'associer à l'huile de chou-palmiste (qui est toutefois beaucoup pus chère) à prendre à raison de 320 mg par jour au cours des repas.

On peut encore mentionner le thé vert (riche en catéchines), la teinture mère d'épilobe à petites fleurs (60 gouttes matin et soir), de pollen de saule, le lycopène (présent en quantités dans les tomates cuites), etc. Rapprochez-vous de votre médecin et/ou de votre naturopathe pour en savoir plus sur le traitement le plus adapté à votre cas.

Traitement chirurgical

Selon le volume et le poids estimé de la prostate, trois types d'intervention peuvent être proposées : il s'agit d'un traitement curatif.

  • On réalise une résection endoscopique en cas d'hypertrophie peu volumineuse. L'intervention consiste à découper le tissu touché en passant par l'urètre.
  • L'énucléation de la prostate, elle, nécessite d'inciser le bas-ventre pour intervenir par voie transvésicale.
  • La technique par laser ne présente pas de bénéfices particuliers.

Il existe là aussi des effets indésirables suite à la chirurgie, avec une éjaculation rétrograde dans 75 % des cas (le sperme passe dans la vessie au lieu de sortir par la verge) ou encore une incontinence urinaire (dans 1 % des cas seulement).

Depuis quelques années, une quatrième technique est de plus en plus souvent employée : l’embolisation des artères prostatiques. Cette approche est moins lourde qu’une énucléation au laser et donne d'excellents résultats, d'autant qu'elle est réalisable sans aucune limite d’âge.

Traitement palliatif

Lorsque l'état de santé de la personne rend la chirurgie impossible, d'autres solutions sont proposées :

  • la sonde à demeure ou le cathéter sus-pubien à demeure ;
  • les auto-sondages vésicaux ;
  • l'endoprothèse urétrale.

Plusieurs infos à avoir en tête :

  • Certains médicaments comme les anti-histaminiques ou certains diurétiques peuvent majorer les problématiques déjà présentes.
  • Il est important de prendre le temps de bien vider sa vessie et d'uriner régulièrement.
  • Il est conseillé de réduire sa consommation de thé, café, alcool ainsi que les apports hydriques après 18 h.

Ces pros peuvent vous aider