Pollakiurie

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka

Sommaire

La pollakiurie est définie par l'augmentation du nombre de mictions par 24h soit plus de 7 fois par journée et/ou plus d'une fois par nuit pour uriner en petite quantité. La première cause de pollakiurie est l'infection urinaire.

Pollakiurie : qu'est-ce que c'est ?

Les troubles mictionnels sont un motif fréquent de consultation. Ils concernent 2/3 des hommes et femmes de plus de 40 ans.

On définit trois niveaux d'atteinte :

  • Troubles liés au stockage des urines : les plus fréquents. Parmi eux, la pollakiurie, les impériosités (ne pas pouvoir se retenir) et l'incontinence. Les trois troubles sont d'ailleurs bien souvent associés.
  • Troubles liés à la vidange vésicale : faiblesse du jet, difficulté à initier la miction (attente ou poussée), miction en plusieurs temps.
  • Troubles appelés post-mictionnels (sensation de vidange incomplète ou gouttes retardataires).

Les troubles mictionnels nocturnes concernent 25 à 50 % de la population générale. Ils ont un fort retentissement sur le quotidien : dégradation du sommeil, de la vie professionnelle et personnelle.

Symptômes et causes de pollakiurie

On évalue la pollakiurie en délai horaire entre 2 mictions le jour (< 2 h) ou en nombre de levers la nuit (> 2 levers). Le patient établit un calendrier mictionnel sur plusieurs jours.

Types de pollakiurie

 La pollakiurie peut être diurne, nocturne (nycturie) ou mixte :

  • La pollakiurie diurne est comportementale ou bien réflexe (liée à une incontinence). Il s'agit en général de femmes atteintes d'incontinence d'effort ou bien sensorielle (au froid, à la vue/audition/contact de l'eau).
  • La pollakiurie nocturne ou mixte est plutôt synonyme de maladie. La vessie est hyperactive : contractions vésicales fréquentes et élevées en pression, avec un retentissement sur les reins, à terme.

Causes de pollakiurie nocturne ou mixte

Ces deux types de pollakiurie nécessitent une consultation médicale. Les causes en sont les suivantes :

  • Infection urinaire dont la tuberculose.
  • Causes obstructives :
  • Causes neurologiques souvent associées à des troubles sexuels (érectiles ou troubles de l'éjaculation) ou rectaux :
  • Causes endocriniennes : trouble de la sécrétion de l'hormone antidiurétique.
  • Pathologies de la paroi vésicale :
    • Détérioration (fibrose) de la paroi de la vessie : inflammation chronique de la vessie, séquelles de radiothérapie.
    • Carcinome in situ.
    • Corps étranger comme un fil chirurgical ou fragment de prothèse.
  • Causes digestives : sigmoïdite essentiellement, tumeur rectosigmoïdienne.
  • Causes gynécologiques.

Pollakiurie : examens à réaliser

Un certain nombre d'examens sont à réaliser afin de trouver le bon traitement.

La consultation d'un médecin généraliste est indispensable afin de détecter le trouble et de prescrire les bons examens :

  • Examen cytobactériologique des urines (ECBU).
  • Radiographie abdominale.
  • Échographie abdomino-pelvienne.
  • Prélèvement et analyse des cellules de la vessie.
  • Bilan urodynamique (analyse de la qualité du remplissage et de vidange de la vessie).
  • Fibroscopie vésicale (introduction d'une caméra dans la vessie afin de visualiser l'ensemble de la vessie). Cet examen sera réalisé en dernier recours.

Traitement de la pollakiurie

Le traitement dépend de la cause mise en évidence :

  • Conseils au quotidien :
    • Prendre en charge les causes comportementales, éventuellement par un recours à la psychothérapie.
    • Éviter les facteurs irritatifs (alcool, thé, café).
    • Diminuer ou modifier le rythme des boissons.
  • Traitement de la maladie causale (causes infectieuses, neurologiques, endocriniennes...).
  • La rééducation par un kinésithérapeute peut être envisagée pour apprendre à retarder le besoin d’uriner.
  • Certains médicaments agissant directement sur la vessie : médicaments anticholinergiques et antispasmodiques urinaires tels que Ceris®, Ditropan®, Vesicare®. Ces médicaments ne sont pas dénués d’effets secondaires (constipation et sécheresse buccale essentiellement).
  • Pour les pollakiuries difficiles à traiter, on injecte parfois dans le muscle vésical de la toxine botulique.
  • En dernier recours, il existe des traitements chirurgicaux : implantation d’un pacemaker vésical (neuromodulation) ou techniques d’agrandissement de la vessie (entérocystoplastie d’agrandissement consistant à suturer une partie de l'intestin à la vessie).

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